mardi 17 avril 2018

Sortie rapaces

Proverbe bien connu : avril pluvieux, ornitho grincheux. C’est peu de dire que la météo de ce dimanche matin n’est pas folichonne. Un temps à ne pas mettre un rapace dehors ! Au point qu’avant onze heures, on aurait pu titrer « Sortie » et, à onze heure trente « Sortie rapacE » au singulier.
Pas découragées pour autant, les quinze personnes présentes, n’osant pas même espérer l’éclaircie, entament un tour de l’étang de Péronne. Côté forêt les feuilles commencent tout juste à poindre. On entend quelques chants, modestes : Grive musicienne, Fauvette à tête noire, Pouillots véloces et fitis… Au loin la percussion sonore d’un Pic noir, plus près, le tambourinage d’un Pic épeichette. Sur l’étang, des Grèbes huppés paradent et des Hirondelles (les trois espèces) viennent cueillir des insectes au ras de l’eau. Dans les bois, le roucoulement d’une première Tourterelle des bois fraîchement arrivée d’Afrique.
Le groupe se déplace ensuite sur un point plus élevé, histoire de disposer d’une vue plus dégagée. Pas l’ombre d’un rapace à l’horizon. A onze heure trente, l’honneur est sauf. L’un de nous (merci Sylvain !) tient dans ses jumelles un mâle de Busard Saint Martin transportant une branchette et se hâtant vers son nid. Va-t-on en rester là ? L’heure avance, il nous faut quitter les lieux. Soudain, juste avant d’embarquer dans les voitures, là-bas, inespérée, une Buse variable.


Bilan : 36 espèces dont 2 rapaces. Cela ne fait pas lourd il est vrai pour une sortie qui leur était consacrée. Comme aiment à le répéter les sportifs, on essaiera de faire mieux une prochaine fois.



Grèbes huppés - Podiceps cristatus - en parade nuptiale - Étang de Péronne / Chanteloup-les-Bois
JML

mardi 27 mars 2018

Parc Oriental et chants d’oiseaux, quatrième édition.

Aujourd’hui la météo se montre un peu chagrine et ne favorise guère le concert habituel des oiseaux. Finalement, peut-être n’est-ce pas si mal pour les vingt-deux personnes venues ce matin, dans le cadre somptueux du Parc Oriental, s’initier aux chants des oiseaux.
D’ordinaire en effet pour les débutants, la difficulté consiste à pouvoir isoler, au sein de la pagaille générale des chants, celui correspondant à telle ou telle espèce. Rien de tel aujourd’hui. Le doux roucoulement du Pigeon ramier n’est parasité par aucun voisin bruyant. Même chose, un peu plus loin, avec la phrase stéréotypée d’un Pinson des arbres, ou encore la mélodie cristalline et un peu triste du Rougegorge familier.

Oui c’est vrai, ce matin, les oiseaux ne font guère de zèle. Il faut parfois les titiller. Heureusement qu’une discrète « repasse » de leurs chants suffit à les réveiller de leur apparente léthargie. Témoin, cette Sittelle torchepot, perchée au sommet d’un arbre et lançant interminablement ses quelques cris nerveux, ou bien ce Grimpereau des jardins bafouillant sa phrase hésitante, bien accroché à son tronc d’arbre. Il y a aussi ces minuscules Roitelets triple-bandeau faisant entendre leurs appels haute fréquence audibles aux seules oreilles encore épargnées par les affres de l’âge.





Ici, dans le Parc Oriental, se juxtaposent divers milieux : futaie, coteau, étang, cascade, prairie, assez pour contacter, tout au long de cette flânerie matinale, vingt cinq espèces d’oiseaux dont vingt-deux avec leurs chants ou leurs simples cris. L’occasion pour beaucoup d’une découverte ou d’un approfondissement. En quelques heures, tout un univers sonore, riche et diversifié, inséparable à cette saison du paysage.



Voici quelques chants classiques, consultables grâce au site xeno-canto.org :

     • Troglodyte mignon - Troglodytes troglodytes


     • Sittelle torchepot - Sitta europaea


     • Rougegorge familier - Erithacus rubecula


     • Pinson des arbres - Fringilla coelebs


     • Roitelet à triple bandeau - Regulus ignicapilla



JML

mercredi 28 février 2018

Novosibirsk... Le Croisic sans escale

Matinée du 25 février. Port du Croisic. Soleil radieux mais froid glacial. Huit silhouettes emmitouflées se dirigent courageusement vers la jetée du Tréhic. Un vent sibérien gifle les visages et fait pleurer les yeux. Un Pipit maritime fait le beau sur une murette, occasion pour l'un des observateurs d'une coche premier choix. Jumelles et longues-vues scrutent l'océan : Sternes caugeks en pêche, Grèbes à cou noir remontant à la surface comme des bouchons, mais pas l'ombre d'un Harle huppé. Soudain l'un de nous repère la silhouette d'un Plongeon, déclaré dans un premier temps comme « arctique », ce qui colle assez bien avec la météo ambiante. La bête se laissant dériver au gré du courant se rapproche progressivement de nous, nous laissant un brin sceptiques sur sa véritable identité. Un brin, vous avez dit un brin ! Bon Dieu, mais c'est bien sûr, c'est un Plongeon imbrin.


Pipit maritime - Anthus petrosus - Jetée du Tréhic / Le Croisic


Grèbe à cou noir - Podiceps nigricollis - Jetée du Tréhic / Le Croisic


Plongeon imbrin - Gavia immer - Jetée du Tréhic / Le Croisic


Un peu laminés par ce trop-plein de rafales glacées, nous nous déplaçons plus au sud, vers la baie du Castouillet. Arrêt prolongé le long du rivage et des minuscules vasières qu'épargne encore la marée montante. Des Bécasseaux sanderlings s'y activent, trottant nerveusement à la frange des vaguelettes. A côté d'eux, quelques Bécasseaux variables et des Grands gravelots. Un peu à l'arrière, des Tournepierres et quelques Courlis cendrés. Plus loin, dans le ressac, une belle troupe de Bernaches cravants qu'accompagnent des Canards siffleurs et souchets. Observations et photos nous aident à oublier les rigueurs de la température.


Bécasseaux sanderlings - Calidris alba - Baie de Castouillet / Le Croisic

Bécasseau variable - Calidris alpina - Baie de Castouillet / Le Croisic

Grand Gravelot - Charadrius hiaticula - Baie de Castouillet / Le Croisic

Vol de Bernaches cravants - Branta bernicla, Canards siffleurs - Anas penelope
et souchets - Anas clypeata - Baie de Castouillet / Le Croisic


A quelques centaines de mètres de là, la côte est heureusement protégée du vent de terre, nous offrant l'endroit idéal pour pique-niquer et nous réchauffer... très relativement. L'appétit n'empêche pas certains d'être aux aguets : perchés sur un rocher, un puis deux Cormorans huppés sont repérés au milieu d'un légion de Grands cormorans. On regarde, on compare, on admire.

Pique-nique - Pointe du Croisic / Le Croisic
Après un arrêt roboratif dans un café, nous reprenons nos véhicules, traversons les marais salants (un Martin-pêcheur découvert par un conducteur à la vue perçante !), et allons stationner au pied de la dune de Pen-bron.
Côté marais, la marée descendante laisse progressivement entrevoir l'immense vasière des Traicts. Hormis les nombreuses et bruyantes troupes de bernaches, de nombreux limicoles commencent à se poser : Pluviers argentés, Barges rousses, Chevaliers aboyeurs et gambettes... Côté océan, des radeaux de Macreuses noires sont posés à la surface. Quelques groupes d'oiseaux plus proches du rivage sont l'objet de belles observations et, pour certaines et certains, d'une coche supplémentaire.

Vol de Barges rousses - Limosa lapponica - Chenal de Pen-bron / Guérande


Chevaliers aboyeurs - Tringa nebularia - Chenal de Pen-bron / Guérande
Au moment où nous quittons les lieux, une magnifique lumière éclaire encore l'océan aussi bien que les Traicts où pullulent maintenant des centaines d'oiseaux. Trente-six espèces vues tout au long d'une journée passée dans ce coin si riche du littoral et cette envie chez beaucoup d'y revenir sans tarder.

Observateurs aux aguets - Pointe de Pen-bron / Guérande
JML


jeudi 8 février 2018

Comptage 2018 des chauves-souris à Cuon

Ce dimanche 4 février, nous étions 4 pour compter les chauves-souris sur le site Natura 2000 de Cuon. Comme depuis quelques années, le temps était doux et les chauves-souris moins présentes et plusieurs biens réveillées.
Comme vous pourrez le constater sur les courbes plus bas, les chiffres reviennent à des niveaux proches de ceux d'avant 2010 sans explication franche. A priori, la tendance est la même sur l'ensemble du département sans pouvoir l'expliquer. Soit les populations baissent et c'est inquiétant, soit certains effectifs se reportent sur des cavités que nous ne connaissons pas.
En illustration cette année, vous trouverez quelques témoignages des hommes qui ont creusé les galeries.


Espèces201621072018
Grand Rhinolophe966544
Petit Rhinolophe355845
Grand Murin20157
Sérotine433
Barbastelle512
Oreillard SP
1
Murin de Daubenton935
Murin à moustaches252331
Murin à oreilles échancrées610598463
Murin de Beshtein11
Murin de Natterer
4
Pipistrelle SP263
Chauve-souris SP866
Total815784609

Témoignage des ouvriers en 1952

Témoignage de Maurice Guitteau en 1945

Témoignage anonyme de 1947

Un Murin  à oreilles échancrées à gauche et un Petit Rhinolophe à droite

Un Petit Rhinolophe caché dans les racines

Évolution du total et des 2 espèces principales

Évolution des 4 espèces moyennement représentées

Évolution des 5 taxons en petit nombre
 

lundi 1 janvier 2018

Pluviométrie 2017, merci à décembre !

Encore une année très contrastée avec 2 mois franchement au-dessus des moyennes (mars et décembre) et 5 mois nettement sous les moyennes (janvier, avril, aout, octobre et novembre).
Heureusement que décembre était là pour faire grimper la moyenne annuelle...
Pour 2017, nos chiffres proviennent de 5 bénévoles, 4 à Cholet et 1 à Nuaillé. D'un site à l'autre, les totaux mensuels changent mais, globalement, montrent des tendances identiques.
Petit rappel, les barres des moyennes sont tirées d'un article Wikipédia sur le Climat de Maine-et-Loire avec une série des moyennes mensuelles sur Cholet de 1951 à 1980.

Avec une moyenne de 607mm, l'année 2017 est encore une année sèche. Dans la série 2009-2017, elle est la seconde plus sèche après 2010, suivie ensuite par 2011 et 2015. La série 2009-2017 avec une moyenne de 695mm, montre un déficit moyen de 47mm par rapport à la moyenne 1951-1980 à 742mm.

Le diagramme ci-dessous compare les moyennes mensuelles des deux séries. Sur 9 ans, une petite tendance se dégage : décembre et, dans une moindre mesure, janvier sont plus humides alors que aout, septembre et octobre sont nettement plus secs. A confirmer les prochaines années, nous sommes encore loin de la série de référence sur 30 ans...


samedi 9 septembre 2017

Sortie à l'étang des Boucheries le 3 septembre 2017

Nous étions 8 adhérents à nous rendre à la Cité des Oiseaux pour piqueniquer, sous une fine pluie.
Abrités dans l'observatoire, nous avons pu voir ~ 44 espèces d'oiseaux, avec notamment spatules blanches, grèbe à cou noir, balbuzard, combattant, ...
Ce fut un agréable moment partagé dans cette belle réserve.

Lucas

Grande Aigrette

Aigrette garzette

Grandes Aigrettes, Aigrette garzette (à droite), Héron garde-bœufs (à gauche) et canards colverts

Grèbe castagneux

Chevalier guignette

Balbuzard pêcheur

Balbuzard pêcheur

vendredi 14 juillet 2017

SORTIE LPO Mauges du 24 juin 2017

« Petit coup d’oeil à ces insectes qui charment ou qui agacent »
 
Au rendez-vous donné à 14 h ce samedi, nous sommes 7 venus parcourir la bordure du lac du Verdon en aval de « la réserve de pêche de la Brosse » sur la commune de La Tessoualle. Il y a là un chemin piétonnier bordé de haies basses plus ou moins ouvertes par places, longeant un fossé profond qui abrite une végétation de type aquatique, bien asséchée ce jour. Entre le chemin et la limite du lac, une petite prairie s’étire, bien pourvue en fleurs et hautes graminées. La partie haute du lac est partiellement occupée par une saulaie qui prend de l’importance année après année. Le niveau d’eau, qui fluctue selon les précipitations annuelles et la régulation du barrage, est depuis bien longtemps suffisamment bas pour offrir une large surface exondée où se développe une végétation pionnière propre à cette situation. L’abondance des matricaires camomilles en illustre une des conséquences.
Sur cet ensemble, citons la présence de quelques groupes de plantes, arbustives ou à fleurs, particulièrement favorables à l’activité des insectes : saules, ronces, ajoncs, ombellifères, achillées, marguerites et autres composées, cirses et chardons, trèfles, menthes, oseilles et renouées, centaurées, mauves, épilobes, gaillets, liserons, millepertuis, … de quoi satisfaire ces petites bêtes, butineuses ou dévoreuses, mais aussi ceux qui, comme nous, tentent aujourd’hui de les débusquer.
« Milieu parcouru » (photo : Michel)
Après quelques échanges d’infos entre participants, il est temps d’entamer la balade vers l’espace choisi pour nos recherches. Si certains parmi nous consacrent beaucoup de temps à l’observation des insectes, dans le but d’inventaires ou d’atlas de quelques familles, d’autres ne les observent qu’occasionnellement, mais tous nous remarquons qu’il est souvent difficile de les nommer spécifiquement.
Sur la haute végétation de plantes à fleurs et graminées, un papillon, puis un autre, attire vite le regard et nous tentons des approches désordonnées pour en décliner l’identité et si possible le photographier. Ainsi, mètre après mètre, papillons, libellules, coléoptères, punaises … et autres abeilles, bourdons, mouches … vont attiser au hasard la curiosité de chacun, modifiant quelque peu l’itinéraire prévu. Après une demi-heure, nous sommes toujours à moins de 50 m du point de départ et nous comprenons vite qu’il n’est pas besoin d’aller loin pour se convaincre de la densité et de la diversité du monde entomologique.
Nous reprenons le bon chemin pour gagner les zones évoquées plus haut. En même temps, la prospection se poursuit, le plus souvent à vue pour les insectes les plus voyants (papillons, libellules, grands coléoptères …) mais aussi par recherche des plus discrets en scrutant les inflorescences diverses. Les plus petites espèces sont parfois convoitées à l’aide du filet fauchoir (dans les hautes herbes) ou du filet japonais (battage des branches basses).
A chaque question que l’un ou l’autre se pose, la réponse peut être rapide et catégorique, bien des espèces peuvent être identifiées sur le terrain. Cependant, il arrive plus souvent de n’arriver qu’au nom de genre, voire qu’à celui de la famille. Dans certains groupes, la diversité et la similitude des espèces nécessitent parfois un regard sous la bino voire même l’extraction des genitalia pour une détermination avérée. Telle n’est pas la démarche aujourd’hui, et nous nous contentons d’observer de près chaque individu rencontré, familier ou non, pour lui donner si possible un nom ou le situer au plus proche dans la classification. A ce jeu, devant chaque énigme proposée, Yann est des plus sollicités.
« Naturalistes curieux » (photo : Cassandre)

Macro aperçu d’une hyper diversité …

Bien modeste en effet le regard porté ici, devant la foultitude d’Insectes qui nous entourent … Sur notre planète, 3 animaux sur 4 sont des insectes dont plus d’un million d’espèces ont été répertoriées (35200 en France), de très nombreuses restant à décrire. Cette compilation de nos observations du jour, livrée dans l’ordre aléatoire des familles concernées, permettra aux participants de les ressortir de leur mémoire et aux autres lecteurs de faire le constat de la diversité locale. Les nombres livrés (à titre indicatif) pour chaque groupe ou famille sont des estimations, parfois assez inégales selon les sources.

Des Lépidoptères (papillons)
(Monde : plus de 200000 - France : 5000 nocturnes et 250 diurnes)
… parmi les diurnes (Rhopalocères), le plus représenté aujourd’hui est sans conteste le Demi-Deuil (plus de 100 voletant au-dessus de la prairie), accompagné ici et là de Myrtils et Tircis, de Piérides dont 3 espèces sont vues (du chou, du navet et de la rave). Il y a aussi des Hespéries comme le Point-de-Hongrie et la Sylvaine, quelques Soucis et Paons-du-jour sur les centaurées, ainsi que des Azurés dont le commun Collier-de-corail. Et pour finir, pas rare mais inoubliable, ce Petit Nacré qui exhibe le superbe revers de ses ailes tandis qu’il butine.
… parmi les nocturnes (Hétérocères), Cathy photographie une belle petite Noctuelle, permettant de l’identifier a posteriori, il s’agit de la Doublure jaune à activité diurne. Autre Noctuelle, cette très belle chenille très pâle, marbrée et veinée de vert ; observée sur la matricaire camomille (bien implantée sur l’espace exondé du lac), elle porte justement le nom de Cucullie de la camomille.

Des Odonates (libellules)
(Monde : 5700 – France : 100 – Anjou : 64)
… nous n’avons pas fait la démarche de recherche près de l’eau … Aussi, dans les espaces secs de nos investigations nous n’avons surpris que peu d’espèces : l’Agrion à larges pattes,, le Gomphe gentil, l’imposant Anax empereur venu survoler la prairie et aussi l’Orthétrum à stylets blancs dans la partie exondée et dont il n’est pas sûr qu’il fut déjà observé ici.

Des Orthoptères (sauterelles, criquets, grillons)
(Monde : 17000 – France : 240 – Anjou : 70)
… comment ne pas les remarquer dans la strate herbacée de la prairie ? S’agrippant aux herbes et se projetant par sauts démesurés, ils évoluent en grouillantes populations (criquets) ou plus solitairement (sauterelles), tandis que le grillon occupe au sol quelque terrier creusé par ses soins. En cette saison, de nombreux individus parmi les sauterelles sont encore à un stade immature ne permettant pas toujours une identification fiable. Nous retiendrons cependant la rencontre avec la Grande Sauterelle Verte, le Conocéphale des roseaux et le Phanéroptère méridional.(donnant l’occasion d’examiner l’oviscape d’une femelle). Les stridulations du Grillon champêtre n’auront pas non plus échappé à certains d’entre nous.

Des Diptères (mouches, moustiques, tipules, syrphes …)
(Monde : > 120000 – France : 8000)
… dotés d’une seule paire d’ailes, la deuxième étant réduite à des bâtonnets, les individus de cette grande famille se divisent en groupes bien distincts (mouches, moustiques, tipules, syrphes …). Chacun étant souvent représenté par un grand nombre d’espèces, il est affaire de spécialistes de les différencier. Quant à nous, qui n’avons pas les compétences requises mais seulement l’image imprécise des principaux représentants, nous ne pouvons prétendre identifier les sujets rencontrés. Nous saurons toutefois observer quelques mouches et autres syrphes, ici et là sur les inflorescences, certains d’entre nous se hasardant même à quelques clichés.

Des Hyménoptères (abeilles, guêpes, bourdons, fourmis, ichneùmons, symphytes …)
(Monde : > 250000 – France : 8000)
… avec deux paires d’ailes membraneuses (sauf ouvrières chez les fourmis), ces insectes constituent des groupes bien établis et que nous connaissons bien. Mais dans le détail, pour preuve de leur grande diversité et pour mesurer la difficulté d’identification des espèces voici quelques estimations (relevées de sources diverses) qui rebutent souvent les néophytes : en France on a recensé plus de 2700 Ichneumons, environ 850 Abeilles, 35 Bourdons, près de 800 Symphytes (110 en Anjou), 215 Fourmis, 150 Pompiles (Guêpes solitaires), 137 Guêpes maçonnes, 20 Guêpes sociales, …
… L’un ou l’autre aujourd’hui fera part de l’observation, ici d’Abeilles (dont forcément la classique mellifère ou domestique) ou de Guêpes et là de quelques Bourdons ou Fourmis, mais nul ne s’est imposé l’exercice ardu de la détermination. Néanmoins, Yann nous précisera parfois l’appartenance de certains sujets à des genres connus : Andrena, Bombus, Polistes, Vespula, …

Des Hémiptères (dont font partie les 2 grandes divisions ci-après)
(Monde : 80000)
- Homoptères (cicadelles, cigales, pucerons …)
(France : 20 cigales ; > 500 cicadelles)
… bien sûr ce jour, des pucerons se sont montrés sur les herbes et plantes à fleurs, ainsi que de nombreuses petites cicadelles … que nous n’avons pas tenté de déterminer.
- Hétéroptères (punaises, …)
(Monde : > 40000 – France : 2000)
… encore une famille offrant de nombreuses espèces que le non initié aura du mal à nommer. Si nous pouvons en juger au vu des diverses espèces qui se sont montrées, il y en aura toujours au moins une qui dérogera à la règle, celle-ci par exemple, rayée de rouge et de noir et remarquée par tous sur les ombellifères : c’est la Punaise arlequin aussi appelé Graphosome rayé ou Pentatome italien. Il sera vu aussi une Réduve et un Coréus marginé.

Des Coléoptères (avec à suivre les familles concernées ce jour)
(Monde : > 300000 – France :10000)
- coccinelles (Monde : > 3000 – France : 90 – Anjou : 68)
… pour ne citer en l’occurrence que la Coccinelle à damier, la Coccinelle à 16 points, la Coccinelle des friches et l’inévitable Coccinelle asiatique … sachant que sur ce site ont aussi été recensées : la Coccidule des marais, la Coccinelle rose, la Coccinelle à 10 points, la Coccinelle des saules et la minuscule Stethorus pusillus
- longicornes (Monde : > 25000 – France : 246 – Anjou : 110)
… souvent spectaculaires, ils séduisent par leur allure élancée, leurs antennes très longues et parfois leurs dessins et coloris surprenants. Aujourd’hui, nous avons surpris quelques Leptures sur les marguerites ou les achillées, plusieurs Agapanthies du chardon mais nous retiendrons surtout ces 2 sujets, bien plus rares, de Chlorophore ou Clyte sarcleur sortis du filet de Yann.
- chrysomèles (Monde : > 30000 – France : 840 – Anjou : > 300)
… concernant cette famille de coléoptères, pour laquelle je consacre beaucoup de temps dans le but d’inventaire départemental, plus de 25 espèces ont déjà été recensées dans ce site cette année. Sujets de petite (2 à 4 mm) ou moyenne (4 à 10 mm) taille, on les débusque le plus souvent par fauchage des hautes herbes ou par battage des branches. Je ne citerai ce jour que le très commun léma à pieds noirs, reconnaissable à son habit bicolore, bleu-vert métallique et orange et ses tarses noirs au bout des pattes oranges. Il faut dire pour cette famille, comme pour la suivante, que l’identification de nombreuses espèces nécessite la capture d’individus pour un contrôle sous binoculaire, conduisant souvent à l’extraction des genitalia.
- charançons (Monde : > 60000 – France : > 1500 – Anjou : 110)
… chacun a en mémoire l’allure caractéristique des charançons, mais certains parmi eux peuvent différer de cette « norme » ou sont très discrets. Comme pour les chrysomèles la recherche se fera en usant du filet-fauchoir, du parapluie japonais et aussi du tamis pour la litière. Très nombreux (en France c’est la famille de coléoptères la plus importante), le naturaliste en vadrouille ne peut manquer d’en voir beaucoup mais il devra souvent les récolter pour un examen à la bino s’il veut mettre un nom dessus. Yann, spécialiste de ce groupe, pourrait nous en dire beaucoup plus mais le sujet est trop pointu pour occuper une place dans notre démarche de sortie.
- cantharides, oedemeres
… entre autres familles de coléoptères, signalons chez les cantharides, les observations répétées de Téléphore fauve et celle occasionnelle d’un probable Téléphore moine, tous les deux très communs. Chez les Oedemères, qui fournissent aussi plusieurs espèces parfois proches, nous retiendrons le bien connu Oedemère noble, à l’habit vert métallique rutilant et dont le mâle exhibe des fémurs postérieurs exagérément renflés.

Autres invertébrés (araignées, opilions, …)
Au hasard de nos pérégrinations, la grosse larve d’une chrysope indéterminée (Névroptère) captera un moment notre attention. Yann nous montre la grosse pince dont le mâle est équipé et nous informe de l’utilité de l’espèce pour le jardin.
Ici et là, des araignées titillent notre curiosité. Parmi elles, nous reconnaîtrons quelques orbitèles dont l’Argiope frelon ou Epeire fasciée. Il faut les chercher mais les araignées crabes sont bien là, comme la Misumène (ou Thomise) variable, à l’affût sous les marguerites, et l’étonnante Araignée Napoléon (ou Thomise globuleuse) qui a pu être récoltée et aussi photographiée. La Pisaure admirable est aussi présente dans la végétation basse, juste au-dessus des nombreuses Lycoses (ou araignées loups) qui courent au sol. Un regard approché sur quelques Opilions nous permet de voir une des différences bien visible qui les sépare des araignées : leur corps est d’un seul bloc, sans resserrement entre thorax et abdomen. On a donné à ces espèces familières le nom de « Faucheux ».
« la Noctuelle jaunâtre sur centaurée » (photo : Michel)

EN CONCLUSION …
Ce petit tour des observations du jour, vers une macrofaune souvent des plus familières mais qui ne s’offre pas toujours facilement à nos regards, devrait permettre à l’avenir d’avoir une approche différente et plus curieuse de ce monde entomologique qui, nous avons pu en juger, a de quoi surprendre et séduire.

Michel CHARRIER